Le savoir-faire de la ville de Thiers

par Sylvie

Vous êtes de passage en Auvergne ? Alors vous devez absolument passer au moins une journée dans la ville de Thiers. Située à 30 kilomètres à l’est de Clermont-Ferrand, cette sous-préfecture de 10 000 habitants a une histoire très riche. Thiers a une importance capitale dans nos vies à tous, sans que nous le sachions. En effet, sans elle, nous ne pourrions pas couper nos viandes : Thiers est la capitale mondiale de la coutellerie.

L’histoire de la coutellerie thiernoise

Thiers a une histoire bien particulière. Malgré le succès lié à la coutellerie, la ville n’a jamais été vraiment agréable à vivre.

Thiers au Moyen-Âge

C’est à la fin du Moyen-Âge, au 14e siècle, que les premières usines de coutellerie ont vu le jour à Thiers. La Durolle, une rivière qui traverse la ville, était l’outil principal pour la fabrication artisanale de couteaux. Les Thiernois ont installé des rouets pour utiliser l’énergie de l’eau afin d’activer les machines. L’eau était également utilisée notamment pour nettoyer les produits terminés. Aujourd’hui encore, ces rouets sont visibles, dans la vallée du même nom.

A l’origine, d’autres spécialités locales étaient fabriquées à Thiers : de la papeterie, des cartes à jouer, du textile… Ces produits ont été commercialisés dans tout le pays, et même en dehors des frontières. Ce qui fit de Thiers une ville réputée. Mais elle n’était pas riche pour autant.

Thiers, la ville noire

Thiers a toujours été une “ville noire”, pour reprendre les mots de Georges Sand. L’auteur a visité la ville en 1859, alors que l’activité liée à la coutellerie était à son paroxysme. Malgré le succès de la ville, elle a bien remarqué que la vie des Thiernois n’était pas de tout repos.

Construite sur une vallée, la ville a une partie haute et une partie basse. Les ouvriers empruntaient tous les jours des petits sentiers, à pied, pour aller travailler, ou même pour effectuer des livraisons. “Aller de la ville haute à la ville basse et réciproquement n’est pas affaire de fainéants”, décrit Georges Sand.

Thiers a toujours été une ville noire. Et ce malgré les parcs, le lac qui est tout près, la vallée et les forêts qui ne sont pas loin. Les quelque 500 usines qui étaient implantées dans la ville à l’époque de Sand ternissaient le paysage. Bruit, pollution, ouvriers sales (et nombreux, ils étaient 12 000 salariés en 1930) rendaient la ville désagréable.

Mais grâce à cela, Thiers est une ville réputée mondialement grâce à sa coutellerie et à son couteau de poche éponyme.

Le Thiers, couteau phare de la ville Auvergnate

Ce couteau de poche auvergnat se remarque grâce à sa forme ondulée. C’est un petit couteau pliant, réalisé en acier. Il est fabriqué exclusivement à Thiers.

Comme tous les couteaux de poche, il est pratique au quotidien car il est léger, ne prend pas de place, peut être rangé partout, même dans une poche, et n’est pas dangereux. En effet, la lame se replie dans le manche.

Vous avez un doute sur la qualité et l’authenticité de la fabrication artisanale de ce couteau ? Si vous êtes de passage dans la ville, vous pouvez le réaliser vous-même. En effet, un atelier propose aux participants, sous réserve de s’inscrire, de fabriquer soi-même son couteau de poche, accompagné de professionnels. Ils expliquent toutes les étapes importantes et les machines utilisées sont dévoilées. Les enfants ont la possibilité de fabriquer un couteau à beurre. Évidemment, le visiteur repart ensuite avec son propre couteau.

La coutellerie, l’âme thiernoise

La coutellerie est présente partout dans les rues du centre-ville de Thiers. Entre les blasons et les boutiques, impossible d’oublier que Thiers est la capitale mondiale de la coutellerie.

Dans les magasins, il est possible d’admirer tous les couteaux fabriqués à Thiers. De toutes les tailles, toutes les matières, toutes les couleurs.

Dans le bas de la ville, dans le Creux de l’Enfer, il est possible de voir les anciennes usines. Certaines sont encore en activité, d’autres sont abandonnées. L’une d’elle a été transformée en musée. Aujourd’hui à Thiers, 2500 salariés assurent la fabrication de 80% des couteaux utilisés en France.

Chaque année, le savoir-faire ancestral de Thiers est célébré avec le plus grand festival de couteaux du monde : Coutellia. Durant un week-end, il attire 200 professionnels du couteau venus du monde entier, et jusqu’à 6000 visiteurs en 2018, dont un certain Florent Pagny.

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